des nouvelles des poèmes

 

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revue mensuelle ― n° 3 ― mai 2008

 

http://www.cecyl.net/

 

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Dirigé par Cecyl ― Avec l’aimable participation de :

 

thierry benquey ― moâ ― carole masson

marlou ― elioz ― alain menez

 

 

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acte 1 ― © thierry Benquey

 


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- NAMU -

 

Je m’appelle Erche Namu, ce qui signifie “Trésor princesse”. Tout le monde m’appelle Namu, “la princesse”. Les chinois me nomme Mee, “Belle”, ce qui me fait toujours rougir...

 

J’ai douze ans ; et dans quelques minutes, je vais m’élancer sur le tapis de gymnastique pour sublimer mon être.

Je serai papillon, libellule, serpent, bouquetin, tigre, singe...

Je ne serai  plus, je vais me sublimer...

 

Pour me concentrer, je pense au pays qui m’a vu naître, à ce peuple magnifique auquel j’appartiens. Les Mosuos pour les chinois, ce qui signifie “Les cow-boys” et qui fait référence à nos chapeaux et aux petits chevaux qui nous servent de montures.

Nous sommes les Naxis et nous sommes les filles du pays et des dieux.

Nous sommes une curiosité de part le monde, nous vivons dans une société matriarcale et nos hommes sont les hommes-jouets. Ils appartiennent à leur mère et nous tolérons leurs visites nocturnes dans nos maisons, pour le plaisir, pour les enfants.

Cet hiver, je fêterais mes treize ans et je deviendrai un membre du clan à part entière. Je me réjouis de revoir le lac Shinami, le lac-mère et la montagne Gun mu, la montagne mère.

 

Cela fait si longtemps que je suis séparée de mon monde véritable, que je travaille jusqu’à épuisement pour porter les espoirs de la Chine pendant ces jeux olympiques. Je travaille dur et je suis bonne, très bonne...

Je pense à la sérénité de nos villages sur les pentes de nos montagnes dans le Yunnan. Je pense à la chaleur de nos maisons, à la chaleur de nos mères et à la paix qui règne parmi nous. Mon coeur se fait léger à ces évocations et mes muscles se détendent.

 

 

Je sens l’odeur du foyer, de la nourriture...

 

“Mee ! C’est bientôt à toi !”

“Mee !”

 

Je reviens peu à peu à la réalité, aux cris, aux applaudissements, aux rugissements de la foule. Je préfère ne pas penser aux plusieurs centaines de millions de personnes, de toutes les couleurs, de tous les pays qui vont me regarder évoluer.

L’atmosphère est électrique, je puise dans cette énergie et commence à m’échauffer.

Le regard sévère de mon professeur m’indique ce qu’elle attend de moi: une médaille d’or.

Je n’ai pas prêté attention aux performances des autres et ma maîtresse n’aime pas cela. Elle sait pourtant que cela m’est nécessaire pour me donner à cent pour cent. Je n’aime pas son regard sévère, mais j’aime son sourire quand elle croit que je ne la vois pas et qu’elle apprécie mes figures.    

Je suis fière de participer à cet événement pour mon pays, de porter sur mes épaules les espoirs des multitudes...

Je me concentre sur l’enchaînement, la suite de ses figures parfaites qui donneront à mon pays la gloire tant convoitée.

Je suis décontractée et mon esprit est comme une eau de nos montagnes, limpide et vive.

Bizarrement, je ne me souviens pas de mes résultats pour la poutre, il y a là comme un vide, un trou noir qui m’angoisse. Je chasse ces pensées en visualisant le visage de ma grand-mère, la mère-tigre de notre clan.

 

“Mee ! C’est à toi !”

 

Je m’approche du tapis, les premières notes de ma musique d’accompagnement résonnent, le silence se fait et je perçois quelques flashes flatteurs.

Je m’élance...

 

Je vole, je suis grâce et légèreté...

Les saltos, les vrilles, les flip-flaps s’enchaînent avec les pas de danses, un mélange exquis et sophistiqué.

Je me sublime...

Je suis mes figures, Namu est loin...

Les secondes se métamorphosent en particules d’éternité, je suis une poussière de soleil, je brille et brûle la rétine de mes admirateurs.

 

Je n’entends pas la foule mais je vibre avec elle à l’unisson. Nous sommes un, le spectateur, le spectacle et la gymnaste.

 

Mon coeur est prêt à exploser de joie, je me sublime...

 

“Docteur ! Docteur !”

“Oui ?”

“La petite Namu qu’on nous a livré hier, venez voir !”

 

Le docteur laisse ses papiers voler sur le bureau, il se précipite vers la chambre de Namu.

Les appareils sont devenus fous, l’électro-encéphalogramme montre une activité cérébrale intense, l’électro-cardiogramme s’agite comme s’il mesurait un athlète pendant sa performance et le plus beau, c’est le sourire qui illumine ce visage d’enfant.

 

“Prévenez la famille !”

“Je ne sais pas Docteur ? Je n’ai rien concernant la famille...”

“Alors prévenez son école, son professeur, que sais-je...”

“Bien Docteur !”

 

Le médecin retourne à son bureau, il repense à ces images dramatiques, cet enfant magnifique, cette presque fleur qui chute de la poutre et l’angle affreux de son cou lorsqu’elle arrive au sol. Il ne lui donnait aucune chance et pourtant...

 

FIN

Laissez les jeux aux athlètes !

*

*  *

 

 

acte 2 ― © moâ


*

 

- LA PHOTOGRAPHIE ET SON AME -

 

J'ai en moi une vision secrète

Une photographie, image muette

Qui bien souvent me parle

Souviens-toi, dit-elle sans hargne.

 

Surgissant du passé

Remontant les flots, parfois déchaînés

Tels démons grimaçants fantômes hagards

Habitent mon crâne et brouillent mon regard.

 

Instantanée, prise à "la volée"

Courtisée, ses attraits dévoilés

Expression et émotion de l'instant

Figées à jamais dans le temps.

 

Telle la poésie des mots

Sachant figer les maux

Discrète ne disant mot

Oui, c'est elle la photo.

 

Si un jour au hasard

Que par inadvertance se détourne le regard

Souviens-toi murmure t-elle

De ce temps où tu rêvais d'elle.

J'ai gardé en mon cœur dans un jardin secret

Une photographie au parfum de regret

Qui bien souvent me parle, hantant mon âme

Clic clac, sourires et larmes, ad vitae eternam.

 

*

 

 

- LA FLAMME DU DESIR -

 

Dans le courant tumultueux de mon désir

Oublie toi contre moi

Laisse mes mains s'attarder, te faire frémir

Te murmurer mon émoi.

 

Brûlant délicieusement de l'intérieur

Contre toi mon souffle s'égare

Maîtrisant difficilement mon ardeur

Je t'embrasse du regard.

 

A la femme qui devient ardente

Répond mon corps affolé

La flamme violente qui te tourmente

Attise en moi un brasier.

 

 Que nos lèvres impatientent s'unissent

Eprouvent le plaisir de ces instants partagés

Soupirs de passion et de désirs surgissent

Ne penser qu'à s'aimer, l'avoir tant rêvé.

M'enivrer du parfum de ta peau

Devenir aveugle de t'avoir trop observée

Lorsqu'en toi coulera ce flot

Je n'aurais plus de voix d'avoir trop soupiré.

 

Haletants comme dans un doux sanglot

Pour avoir cheminés vers la félicité

Nos corps, nos caresses, nos mots

Enfin unis et apaisés pour s'être aimés.

Je voudrais enfin te dire

Tout ce qu'en secret tu m'inspires

Sans retenue, car rien n'est pire

Te l'offrir sans pudeur, mon désir ...

 

 

*

*  *

 

acte 3 ― © Carole Masson

 

*

 

- Version 1 -

 

C'est en regardant le ciel

Que j’ai compris l’espoir merveilleux de la vie.

Quand voyant la lumière des étoiles

Que se n’était que le commencement.

 

C'est en regardant le ciel

Que je me suis aperçu la beauté

De cette image splendide qui reflétait dans mes yeux.

 

C’est en regardant le ciel

Le cœur remplit d’amour

La trace des peines et des joies.

L'empreinte des âmes réunit,

La passion de vouloir vivre

 

J'ai levé les yeux au ciel,

Oubliant ma tristesse,

C’est en regardant le ciel

Que j’ai rit !

 

 

*

 

- Version 2 -

 

C'est en regardant le ciel

Que j’ai appris l’espoir merveilleux de la vie.

 

Quand voyant la lumière des étoiles

Que mon cœur scintillait.

 

C'est en regardant le ciel

Que je me suis aperçu

Toute la beauté du monde.

 

C’est en regardant le ciel

 

Le cœur remplit d’amour

La trace des peines et des joies.

L'empreinte des âmes réunit,

La volonté de vivre.

J'ai levé les yeux au ciel,

Oubliant ma tristesse,

 

C’est en regardant le ciel

Que j’ai compris !

 

 

*

 

- Version Cecyl -

 

C'est en regardant le ciel

Que j’ai vu le merveilleux de la vie

C'est en observant la lumière des étoiles

Que j’ai compris que ce n’était que le commencement

 

C'est en regardant le ciel

Que j’ai vu la beauté du monde

C'est en observant la lumière des étoiles

Que j’ai compris que l'amour était un astre brûlant

 

C'est en regardant le ciel

Que j’ai vu la splendeur de l’existence

C'est en observant la lumière des étoiles

Que j’ai compris que les yeux sont le miroir de l’âme

 

C'est en regardant le ciel

C'est en observant la lumière des étoiles

Que j’ai vu, Et que j’ai compris

Pourquoi le cœur, Et pourquoi l’amour

Pourquoi les peines, Et pourquoi les joies

 

C'est en regardant le ciel

C'est en observant la lumière des étoiles

Que j’ai vu la communauté des âmes

Que j’ai compris le désir de vivre

 

J'ai levé la tête, Et j'ai regardé le ciel

J'ai levé la tête, Et j'ai observé la lumière des étoiles

Oubliant la douleur, Et oubliant le temps

Et j'ai souri de toute l'ardeur de mon jeune cœur

 

*

*  *

 


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